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Consommation électrique hivernale

Consommation électrique hivernale : une baisse durable malgré des inégalités dans les moyens d’action

Chapô

Constatée lors de l’hiver 2022-2023, la baisse de la consommation électrique s’est confirmée en 2023-2024, en France continentale. Toutefois, les pratiques de sobriété énergétique ne semblent pas être adoptées de la même façon par tous les ménages. Au-delà de leurs convictions, tous n’ont pas les mêmes moyens d’agir : comme le souligne une enquête réalisée en 2023 par l’IFOP*, le mode de vie des ménages oriente largement le rapport à cette sobriété.

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La baisse de la consommation d’électricité se confirme

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L’hiver 2021-2022 a connu la plus forte consommation d’électricité en France depuis 5 ans. L’hiver suivant, 2022-2023, une baisse significative des consommations électriques en France a été constatée. Cette baisse s’est stabilisée à l’hiver 2023-2024.

Ainsi, sur le périmètre Enedis, qui représente environ 80 % de la consommation française, une première baisse a été constatée au cours de l’hiver 2022-2023 (période considérée : du 15 octobre 2022 au 14 avril 2023). La consommation (chiffres corrigés des effets climatiques et Covid) sur cette période a été largement inférieure à celle de 2021-2022, sur la même période (192,17 TWh à comparer avec 205,50 TWh). L’hiver 2023-2024 confirme cette tendance : sur le périmètre Enedis la consommation électrique a été de 192.38 TWh, soit un niveau comparable à celui de l’hiver précédent et toujours largement inférieur à celui de 2021-2022.

L’écart de consommation entre le dernier hiver et celui de 2021-2022 représente une baisse de consommation de 6,4 %, équivalente à la consommation annuelle de 3 millions de foyers.

Dans le détail, on note qu’au cours du dernier hiver, ce sont les entreprises (structures nécessitant une puissance supérieure à 36 kVA comme les grandes surfaces, les galeries marchandes…) qui ont le plus réduit leur consommation d’électricité par rapport à l’hiver 2021-2022.

Elles sont suivies par les ménages, et enfin les professionnels (dont les petits commerces, les panneaux publicitaires et l’éclairage public). Néanmoins, en termes de pourcentage de réduction de la consommation, ce sont les professionnels et les entreprises qui sont en tête avec des baisses respectives de 8,2 % et 7,2 %.

Les graphiques montrent l’évolution de la consommation sur ces trois secteurs :

Sur la période du 15 octobre au 14 avril 2024, la consommation électrique hivernale a baissé de 13,1 TWh entre 2021-2022 et 2023-2024

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Sur la période du 15 octobre au 14 avril 2024, la consommation électrique hivernale a baissé de 13,1 TWh entre 2021-2022 et 2023-2024
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Sur la période du 15 octobre au 14 avril 2024, la consommation électrique hivernale a baissé de 13,1 TWh entre 2021-2022 et 2023-2024.

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La plus forte baisse de consommation d’électricité se situe dans le sud de la France  

La baisse de consommation d’électricité n’est pas uniforme sur le territoire français. À l’échelle départementale, ce sont dans les départements des Pyrénées-Orientales (-12,5 %), de l’Hérault (-10,1 %) et de l’Aude (-9,8 %) que la consommation a le plus baissé, tous types de consommateurs confondus.

L’année passée déjà, la réduction de la consommation électrique était plus forte sur la côte méditerranéenne. Le fort taux d’équipement en chauffage électrique pourrait expliquer cette situation, car il offre aux ménages de ces régions un levier de réduction de leur consommation d’électricité plus important.

Le département de la Moselle a, pour sa part, enregistré une consommation quasi stable avec +0,3 % de consommation électrique cet hiver par rapport à celui de 2021-2022. Là aussi, un des éléments d’explication pourrait résider dans le taux d’équipement en chauffage électrique qui y est plus faible, et qui représente donc un potentiel d’économies d’électricité moindre.

Les Pyrénées-Orientales (-12,5 %), l’Hérault (-10,1 %) et l’Aude (-9,8 %) sont les départements où la consommation électrique a le plus baissé sur la période allant du 15 octobre 2023 au 14 avril 2024 par rapport à l’hiver 2021-2022.

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: Les Pyrénées-Orientales (-12,5 %), l’Hérault (-10,1 %) et l’Aude (-9,8 %) sont les départements où la consommation électrique a le plus baissé sur la période allant du 15 octobre 2023 au 14 avril 2024 par rapport à l’hiver 2021-2022
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Les Pyrénées-Orientales (-12,5 %), l’Hérault (-10,1 %) et l’Aude (-9,8 %) sont les départements où la consommation électrique a le plus baissé sur la période allant du 15 octobre 2023 au 14 avril 2024 par rapport à l’hiver 2021-2022.

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Une sobriété orientée par l’environnement et les modes de vie

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Pour éclairer ces chiffres et mieux comprendre les pratiques des Français en termes de sobriété énergétique, l’IFOP a réalisé une étude sociologique. Celle-ci a été menée entre les mois de mai et juin 2023, auprès d’un échantillon représentatif de 3 018 personnes. Elle a été analysée pour Enedis sous l’angle de la consommation d’énergie des ménages par Jérémy Bouillet, chercheur en sciences humaines et sociales.

Une des conclusions de cette analyse montre que les gestes domestiques permettant d’économiser de l’électricité sont relativement bien connus et mis en pratique. Plus de la moitié des répondants déclarent par exemple éteindre les lumières en quittant une pièce (88 %), faire sécher le linge à l’air libre (67 %), faire tourner la machine à laver ou le lave-vaisselle à pleine charge uniquement (66 %) ou baisser le chauffage en cas d’absence longue (61 %).

Néanmoins, si 89 % des répondants estiment que « la consommation étant l’affaire de tous, il faut privilégier une sobriété individuelle et collective qui assure le bien-être de tous dans le respect des limites planétaires », ce niveau d’engagement ne se retrouve pas dans tous les gestes.

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Tout le monde ne dispose pas des mêmes moyens d’action...

Avoir des convictions n’implique pas toujours leur mise en œuvre, car tout le monde ne dispose pas des mêmes moyens d’action. L’équipement des ménages est souvent en cause : 27 % seulement des habitants ayant un chauffage collectif disent pouvoir le couper la nuit, contre 39 % de l’ensemble des personnes vivant en appartement et 49 % des personnes occupant une maison individuelle. Autrement dit, il est en moyenne plus facile pour des personnes vivant dans une maison individuelle d’agir sur la consommation liée à leur chauffage domestique que pour celles vivant en appartement, à plus forte raison lorsque le mode de chauffage de l’appartement est collectif.

Par ailleurs, 53 % des plus de 65 ans coupent par exemple le chauffage la nuit, contre 36 % des 25-34 ans… une différence peut-être en lien avec les apprentissages générationnels en matière d’usage de l’énergie. Les plus âgés étant plus sensibles, aujourd’hui encore, à la question des économies d’énergie liées au chauffage domestique.

Les ménages sont ainsi pris dans un cadre matériel et/ou social (équipements, infrastructures, routines…) qui les contraint, au moins en partie, et qu’ils ne peuvent pas changer du jour au lendemain. Ainsi, leurs habitudes de consommation sont difficiles à modifier et cela requiert davantage qu’un signal-prix : si un ménage habite une passoire thermique, il pourra difficilement baisser sa consommation de chauffage même si les tarifs augmentent.

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*Enquête réalisée par l’IFOP : ​​​​​​3018 répondants, représentativité assurée par la méthode des quotas (âge, sexe, PCS, niveau de diplôme, taille d’agglomération) & des variables de contrôle (revenus, statut d’occupation du logement, région). Auprès de personnes résidant en France métropolitaine âgées d’au moins 18 ans.